15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 23:00

adieu2013C’est donc une annonce très officielle que je fais, solennelle même.

L’aventure du "Blog de Chefgeorges" s’arrête.

Avant d’expliquer mes raisons, je voudrai très sincèrement remercier tous mes lecteurs et lectrices qui m’ont suivi et soutenu depuis ces 5 dernières années. En plus de 670 articles, j’ai essayé de rester le plus possible moi-même c’est-à-dire intègre, honnête et sincère. Si au départ ce blog était un moyen d’avoir plus de liberté de parole que sur les forums de Jamendo tout en mettant en valeur mes coups de cœur et coup de gueule artistique, il a dû évoluer à cause des circonstances.

Lorsque j’ai pris conscience de la mascarade qu’était Jamendo,  comment ces dirigeants nous avaient trompé dès 2005 sur leurs véritables intentions et ambitions, le site est clairement devenu un blog d’opposition à Jamendo et sa politique anti-libre cachée, ainsi qu’un ardent défenseur de la musique libre. C’est d’ailleurs là que j’ai acquis le nom de domaine www.blogdechefgeorges.fr qui remplaçait l’ancien jamendo-chroniques.

Mais si aujourd’hui je décide de mettre un terme à cette aventure, c’est que je suis las d’être trainé dans la boue par Jamendo et ses fanatiques. Vous ne le saviez peut-être pas, mais en plus d’être banni de la plupart des outils de communication de Jamendo, cette honorable entreprise luxembourgeois a, de-ci de-là, dit beaucoup de choses sur moi, me taillant une réputation de troll écrivant un vulgaire blog de bashing. Comme sur Numerama (dernier épisode en date) ou un collaborateur de chez Jamendo a créé un compte anonyme pour me "répondre", et surtout me discréditer publiquement.

Toutes ces mesquineries arrogantes me lassent désormais… D’autant que Jamendo a réussi l’exploit de transformer une communauté en véritable "secte" de membres sans aucun esprit critique. Et que dire des "artistes" encore présent sur Jamendo. Si certains restent sans soutenir le système, beaucoup partagent à présent la vision purement consumériste de Jamendo sur les licences libres. Tout simplement honteux, car ce n’est plus la simple "rémunération" qui semble motiver ceux-ci, mais bien le dangereux cocktail marketing-buzz-ventes.
J’ai donc décidé d’arrêter. Vous verrez que Jamendo et ses fans s’en donneront surement à cœur joie, mais franchement j’en ai plus rien à cirer dorénavant. Je précise que seul le Blog s’arrête. Concrètement ça veut dire aussi que : 1) je n’y posterai plus d’article, celui-ci sera le dernier, 2) à la fin de mon abonnement Overblog, le nom de domaine blogdechefgeorges.fr disparaitra (mais les liens ne seront pas brisés, vous serrez automatiquement redirigé vers l’ancienne adresse URL), et 3) la page facebook du blog ne sera plus alimentée non plus (pendant un temps j’irai encore répondre aux derniers commentaires sur le blog, mais passé quelques semaines ça s’arrêtera). Par contre, le site restera en ligne et chacun pourra continuer de venir y chercher la vérité sur Jamendo, ses pratiques et son commerce.

C’est une décision douloureuse en ce qui me concerne, car j’ai mis beaucoup de moi-même dans ce site… Est-ce que Jamendo a "gagné" ? A vous de voir, mais vu l’évolution des mouvements de la musique libre au niveau européen, le modèle de Jamendo est mort. D’autant que Jamendo n’a réussi à passer l’année qu’en profitant du vide intersidéral que ces opposants lui ont laissé (merci Dogmazic).

Au revoir donc, merci pour cette belle aventure,
et à bientôt dans d’autres contrées ;')

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 14:19

Et oui, en marge de son coup de com' lié au bilan rendu par la Sacem, sur l'expérimentation Sacem/CC, des éléments de preuves semblent bien démontrer que Jamendo a commandé une publicité par faux profils Twitter.

Vous connaissez peut-être cette pratique assez douteuse consistant à acheter des followers qui vont à minima relayer votre info (ou simplement suivre votre compte). Je vous recommande d'ailleurs ce très bon article de PC-Impact, qui reprend les éléments d'une étude menée par Barracuda Labs sur 72.000 faux comptes twitter.

En regardant un peu les tweets sur le widget de www.jamendo.fr, j'ai remarqué la récurrence d'un message : "Creative Commons : Jamendo doute des intentions de la Sacem" suivie d'une adresse URL réduite. J'ai aussi vite remarqué que les photos des profils (très style "banque d'images") revenaient sur plusieurs comptes. Le contenue des comptes twitter a ensuite fini de me convaincre qu'ils s'agissaient bien de fake. D'ailleurs voici par exemple d'où provient la photo du faux-compte faxepert (voir ci-dessous) : lien.

Voici quelques comptes, avec photos des faux-tweets :

https://twitter.com/FxConf

https://twitter.com/faxexpert

https://twitter.com/JeanGrenett

https://twitter.com/JeanOlivierMart

https://twitter.com/MichelCrouets

https://twitter.com/FxConf

https://twitter.com/DescheminSophie

https://twitter.com/EricPoivron

https://twitter.com/OlivierChiris

faux-tweets.pngIl est facile de trouver des sites proposant ce genre de services (selon lemondeinformatique.fr l'achat d'un pack de 100 contacts twitter coute environ 15 dollars). Cette nouvelle affaire rappelle forcément les forts soupçons qui pesaient déjà sur Jamendo concernant ses like facebook, ainsi que sur les sérieux doutes sur l'exactitude des statistiques d'écoutes du site.

Des méthodes assez indignes qui démontrent surtout la fragilité de Jamendo, obligé de s'abaisser à acheter des contacts twitter pour avoir une communication efficace...

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 19:07

http://www.numerama.com/media/attach/nijamendosacem.jpgComme disait Audiard, "c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnait." :)

Il est toujours aussi hallucinant de lire Jamendo...

Pour resituer le contexte, vous avez peut-être entendu que la Sacem a décidé de reconduire la très contreversée expérience "d'ouverture" aux licences Creative Commons jusqu'en 2015. Sans doute y a-t-il un petit lien avec la création de la C3S en Allemagne (dont je reparlerai très prochainement) qui va devenir la première Société de gestion de droit d'auteurs Libre, en opposition avec la Gema (l'équivalent de la Sacem).

Dans un magnifique communiqué, Jamendo a décidé de réagir :

"La Sacem soutient-elle réellement les licences libres ?

Suite à son accord signé avec Creative Commons début 2012, la Sacem vient de communiquer, selon ses dires, "Un premier bilan satisfaisant" de cette expérimentation (Voir le communiqué officiel de la Sacem : www.sacem.fr/cms/home/la-sacem/derniers-communiques-2013/sacem-et-creative-commons-renouvellent-leur-accord-septembre2013 ).

Cependant, l'observation des chiffres annoncés laisse entrevoir un tout autre constat, tant le bilan est décevant. La Sacem indique dans son communiqué de presse qu'en 18 mois, "713 œuvres ont été placées sous licences Creative Commons par 60 auteurs compositeurs (...) membres de la Sacem".

En d'autres termes, il y aurait eu moins d'oeuvres publiées sous ces licences par la Sacem en 18 mois qu'en une semaine sur Jamendo...

La Sacem avait pourtant été alertée par la communauté et notamment par Jamendo, premier service de musique sous licences Creative Commons (ndla: non, c'est toujours aussi faux. D'un point de vue comptable, loin devant, c'est Archive.org), que les conditions mises en place par la Sacem encadrant l'utilisation des licences Creative Commons étaient bien trop restrictives pour ses membres.

En effet, seules les trois licences Creative Commons les plus restrictives ont été retenues par la Sacem, et ce choix ne permet pas aux artistes de promouvoir leur musique via les plateformes de diffusion les plus populaires, ayant souvent un but commercial. Pourtant Jean-Noël Tronc, Directeur général de la Sacem, précise dans le communiqué que "l'objectif est toujours le même: laisser à nos membres (...) le choix le plus large concernant les modalités de protection de leurs créations"; alors que dans les faits, la Sacem semble vouloir agir au mieux pour conserver son monopole sur la gestion des droits d'auteur, voire potentiellement décrédibiliser les licences libres.

Passer outre le succès des licences Creative Commons en se focalisant sur un bilan mitigé ne permet pas de se faire une réelle idée du potentiel de ces licences dans la musique.

Sur Jamendo, 30 000 artistes ont choisi de publier 400 000 oeuvres sous ces licences et plusieurs centaines y sont publiées chaque jour. Grâce au modèle économique basé sur le licensing, Jamendo génère chaque mois des revenus pour plusieurs milliers d'artistes et séduit un nombre de plus en plus important de clients à travers le monde.

Il est tout aussi étonnant de relever que, malgré le bilan décevant du projet pilote avec Creative Commons, la Sacem n'a pas manifesté de volonté de se rapprocher des plateformes de diffusion commerciales, alors que Jamendo a déjà signé des accords pour ses artistes avec des sociétés de gestion collective étrangères comme ASCAP et BMI aux États-Unis ou la TEOSTO en Finlande. Jamendo soutient également le projet C3S, société de gestion alternative et adaptée aux nouveaux usages numériques.

Les artistes voient dans les licences Creative Commons une opportunité de faire découvrir leur musique, de trouver leur public, et de financer leur passion. Les licences libres constituent à ce titre un formidable outil de partage de la connaissance et de l'art."

Jamendo est convaincu qu'au delà de permettre la gestion libre de la musique par les artistes, les Creative Commons apportent le dynamisme vital au marché de la musique qui souffre de l'inertie de ses acteurs historiques."


De manière globale, et en me basant uniquement du côté de Jamendo, je trouve un tel communiquer bien maladroit dans les mots choisis et peu stratégique. Mais je ne suis pas Chargé de Communication chez Jamendo S.A. :)

http://www.laquadrature.net/wiki/images/8/8c/Sacem.pngPar contre, il est choquant de voir Jamendo parlait ainsi : "La Sacem avait pourtant été alertée par la communauté et notamment par Jamendo". Ah bon ?! Et depuis quand ? J'avais ici même dénoncé le silence radio de Jamendo lors de la mise en place du dispositif d'expérimentation Sacem/CC ! Et que dire l'usage du mot "communauté" :( Si Jamendo pense à la "communauté" des défenseur des licences libres et de la musique libre, je leur rappelle que la réaction c'est faites sans eux, car ils n'y ont pas été associé ! Et si on parle ici de la "communauté" du site Jamendo, je leur rappelle aussi qu'ils y ont mis fin le 24 avril 2012.

"En effet, seules les trois licences Creative Commons les plus restrictives ont été retenues par la Sacem, et ce choix ne permet pas aux artistes de promouvoir leur musique via les plateformes de diffusion les plus populaires, ayant souvent un but commercial" bin c'est peut-être tout le problème mon bon môsieur : le "but commercial" vu que le but des licences libres est avant tout la libre diffusion...

"...dans les faits, la Sacem semble vouloir agir au mieux pour conserver son monopole sur la gestion des droits d'auteur, voire potentiellement décrédibiliser les licences libres" choquant ! Quand on sait que Jamendo a fait bien plus de mal en 4 ans à la musique libre... Je signale à Jamendo qu'une entreprise qui a surprimé le choix des Licences Art Libre et Domaine Public de son site n'est pas la mieux placée pour parler de décrédibilisassion des licences libres. Tout comme j'aurai pu parler de la disparition du téléchargement et de la diffusion P2P ou des contraintes supplémentaires ajoutées aux auteurs par le dernier remaniement des CGU (l'impossibilité de communiquer sur les autres sites où les albums d'un artiste sont hébergés, sur tous les supports de communication de Jamendo sous peine de bannissement).

'...malgré le bilan décevant du projet pilote avec Creative Commons..." Oui bin au moins eux ils en ont fait un de bilan et ils l'ont rendu public.

http://www.framablog.org/public/_img/others/.cultural-commons-collective-society_m.jpg"Jamendo soutient également le projet C3S" Première nouvelle ! Bah pas étonnant, Jamendo a toujours ambitionné de devenir une "Sacem CC", dès le début. Mais je conseille tout de même à Jamendo de relire les satuts de C3S, car ils sont clairement dans le collimateur de ces derniers ;)

Bref, un communiqué dans la droite ligne de la potique de communication Jamendo : avancer caché quant à ses intentions réelles, avec des demi-vérités dites à demi-mots :(

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 16:48

Je sais, je sais, j'en ai déjà parlé (un peu, lol). Sauf que là les suspicions et doutes autour de la validité et de la véracité des statistiques d'écoutes des albums sur Jamendo sont de plus en plus fortes !

Et comment ne pas être dubitatif et même incrédule devant les excellentes stats dont bon nombre d'artistes sur Jamendo se félicitent régulièrement. Des artistes fraichement débarqués sur Jamendo, avec leur premier album (uploadé nulle part avant), arrive en très peu de temps a accumulé des courbes exponencielles d'écoutes et de téléchargements. Pourtant, le système de "recherche" d'albums sur Jamendo est tout simplement merdique (oui "merdique" devient un terme technique avec Jamendo, lol). Chose encore plus étrange avec de "vieux" albums.

Dans le plus grand secret (que les plus mordus à djbouly connaissent), en 2009, j'ai sorti un album unique sous un autre compte artiste. Album pour lequel je n'ai jamais signé la moindre certification ni même jamais adhérer à un quelconque programme JamendoPRO. Je n'ai également fait aucune publicité, ni en 2009, ni les années suivantes, pour cet album (ça faisait partie du concept). Néanmoins l'album a eu une belle petite vie (dû à "l'age d'or" de Jamendo, à l'époque où une communauté le faisait encore tourner). Je l'ai conservé comme "album test" sur Jamendo. Voici les résultats effarants :

http://nsm08.casimages.com/img/2013/09/05//13090505180313239311526379.pngVous remarquerez que la courbe augmente très nettement à partir d'avril 2012, soit la date de mise en service de la version 3 du site. Si on prend ne compte le fait que le premier mois de mise en service a été calamiteux, avec un forum déconnecté et des milliers de liens brisés, c'est très surprennant...

D'autant que depuis 2009, l'album a eu toooout le temps de tomber dans les limbes de l'oubli sur le site :/

http://nsm08.casimages.com/img/2013/09/05//13090505180313239311526380.pngC'est chiffres n'ont absolument aucun sens ! J'aurai eu 4 fois plus d'écoutes et de téléchargements en 1 an que pendant les 2 premières années de mise ne ligne ?? Et pour un album complètement ignoré, à la communication inexistante ! De qui se moque-t-on ?!

Regardez également les téléchargements :

http://nsm08.casimages.com/img/2013/09/05//13090505191713239311526384.pngMis en parallèle de ses autres stats c'est tout aussi troublant :

http://nsm08.casimages.com/img/2013/09/05//13090505180313239311526381.pngLe nombre de playlisteurs, d'ajouts aux favoris et de fans et bien trop ridicule...

Et puis, et puis... oui et puis mettre ça à côté des stats d'audiences du site Jamendo renforce un peu plus les doutes légitimes...

J'ai eu aussi par email d'autres artistes qui m'ont envoyé des captures évocatricites comme ces courbes d'écoutes parfaitement rectiligne, ou ces stats d'écoutes sur des albums masqués. N'hésitez pas à me contacter à ce sujet d'ailleurs, je compte bien accumuler un max de preuves sur le sujet.

En effet, les très bonnes stats d'écoutes et de téléchargements sont devenues ces derniers mois l'arguments massue de Jamendo (ou le dernier...). Mais il est clair qu'ils sont faussées.

Dernier "petit" détail : le menu des statistiques de Jamendo a subit une légère modification, sans que qui que ce soit en ait été averti : il n'ai plus possible de connaitre la provenance des écoutes :)

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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 10:09

L'étrange communication-poubelle de Jamendo de ces dernières semaines va me permettre d'aborder un sujet qui, je l'espère, éveillera un peu les consciences...

Commençons par cette "pub", la voici :http://nsm08.casimages.com/img/2013/08/19//13081910462913239311476621.png

Pour les fâchés de l'anglais, voici la traduction :

"J'ai acheté le CD parce que j'ai aimé le single.

Le reste de l'album est de la merde." (oui c'est grossier, lol)

On passera sur les droits à l'image dûs à une série US (mais bon comme chez Jamendo le droit d'auteur on s'en tamponne, lol), ce qui m'a au final interpellé c'est le message derrière le "slogan". Il est appuyé par le commentaire officiel : "Dawson still buys CDs hahaa!" Bref, Jamendo semble l'affirmer : la musique ça ne s'achète pas !

Sur le principe ce n'est pas faux. Après tout la musique est un bien commun et universel. Sauf que dans la pratique, et dans l'état actuel des choses, un auteur qui veut vivre de sa musique ne pourra pas la rendre complètement gratuite. Quant bien même il arriverait à diffuser gratuitement sa musique sur le net, ses concerts ne pourraient qu'être payant (par exemple).

Le drame est que Jamendo distille l'idée selon laquelle "licence libre = gratuité". Ainsi j'ai pu constaté que de nombreux utilisateurs de Jamendo avait clairement cette vision faussée des choses. Par exemple, j'ai eu des reproches de certains qui m'accusaient de "tromper" mes lecteurs en leur proposant des albums sous licences libres... mais payant ! Et il est quelques fois très difficile de faire comprendre à ceux-ci qu'une licence libre permet simplement la "libre diffusion" d'un album après téléchargement. Ainsi il apparait qu'un nombre croissant d'internautes pensent que la gratuité est un dû en matière de musique libre :/

Au tout début de Jamendo les dons aux artistes étaient clairement mis en avant. On expliquait même aux auditeurs en quoi le don était un acte responsable, servant aussi bien la cause des artistes que de la Musique Libre. Une époque révolue... En effet, il faut vraiment le vouloir (et savoir que c'est possible !) pour faire un don sur Jamendo (petit bouton discret sur la page de l'auteur, que la politique du "oriented track" de Jamendo n'encourage pas à consulter). D'ailleurs, la majorité des nouveaux inscrits n'utilisent même pas cette "option", aucun bouton n'apparait ensuite sur leurs pages.

Seulement voilà, un auteur qui crève de faim a ensuite d'autres priorités que la musique :( C'est d'autant plus absurde de propager le dogme du "tout gratuit" que le fait d'acheter un album libre est souvent bien moins cher qu'un téléchargement sur iTunes ! Pour exemple, le dernier album que j'ai acheté sur Bandcamp m'a couté 5€ pour 15 titres :) et pas de mauvaises surprises, vu que j'ai pu l'écouter en entier avant de me décider. D'autant que 95% va directement dans la poche de l'auteur, qui la plupart du temps ne manquera pas de vous en remercier par email ;)

Bref, là encore Jamendo ne sert absolument pas la cause des auteurs en imposant la gratuité et surtout par son discours rétrograde sur la question. Il aurait pourtant été simple de développer et de mettre plus en valeur le système des "boutiques" qui existait sous la version précédente. Mais comme Pierre Gérard l'a déjà indiqué dans des interviews, www.jamendo.com n'a finalement qu'un but : grossir un catalogue de titres libres pour JamendoPRO.

Il est vraiment bien triste qu'aucun concurrent sérieux ne montre le bout de son nez... et ce n'est pas les péripéties du développement de Dogmazic3 qui sont pour rassurées...

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 12:59

Je comptais en faire un articlen mais il faut dire que celui de Numerama est vraiment très complet et bien écrit :)


[Source Numerama]

Comment expliquer que l'Hadopi, synonyme de vision répressive de la lutte contre le piratage, décide de renverser la table et de proposer de légaliser les échanges d'oeuvres entre particuliers, contre une "rémunération proportionnelle du partage" ? La proposition est autant affaire de convictions que le résultat de tensions internes très vives, qui incitent chaque "camp" à donner des coups.

http://www.numerama.com/media/attach/hadop-photo-famille.png

Personne ne l'avait vu venir. Jeudi soir, l'Hadopi a sorti de son chapeau une proposition inattendue de "rémunération proportionnelle du partage", dont le communiqué en disait moins sur le projet lui-même que sur ce qui a motivé la Haute Autorité à travailler sur une solution de légalisation du partage des oeuvres entre particuliers, avec un mécanisme de rémunération pour les ayants droit.

S'il ne fallait retenir qu'une seule phrase du communiqué, ce serait celle-ci : "Face à la permanence de cet usage (le piratage, ndlr), que l'Hadopi a pour mission de dissuader, il reste à apporter une réponse durable à la question de la création, de l’acquisition et du partage des œuvres sur internet". Il faut peser chaque mot de cette phrase pour comprendre que l'Hadopi constate— ce qu'elle dit ailleurs très explicitement — qu'il est impossible de lutter efficacement contre le piratage, qu'elle prétend que la riposte graduée n'est pas son souhait, et qu'elle veut proposer une alternative capable de trouver un vrai compromis entre les internautes et les ayants droit.

Comment l'Hadopi en est-elle arrivée là ?

On ne comprend rien à ce renversement de table si l'on détache la proposition du contexte politique. L'arrivée de François Hollande au pouvoir a contraint le Gouvernement à mettre en oeuvre la promesse du candidat socialiste, de supprimer l'Hadopi pour la remplacer par autre chose. C'est ainsi qu'est arrivée la mission Lescure, qui a conclu sans surprise qu'il fallait transférer au CSA le pire de l'Hadopi, c'est-à-dire la riposte graduée, et supprimer le reste de l'institution.

Dallas, ton univers impitoyable

Ce dessein n'a fait qu'exacerber les tensions internes à l'Hadopi entre sa Commission de Protection des Droits (CPD) chargée de mettre en oeuvre la riposte graduée, et le collège de l'Hadopi chargé des missions de prospection et de régulation. Il est reproché à la présidente de la CPD, Mireille Imbert-Queretta, de jouer sa carte personnelle et de profiter de ses liens historiques avec le pouvoir socialiste (elle fut directrice adjointe du cabinet d'Elisabeth Guigou sous le gouvernement Jospin). C'est elle qui a signé un premier rapport encourageant le chantage contre des sites de streaming et de téléchargement direct, pour obtenir leur filtrage. Le mot "Hadopi" n'y apparaissait jamais, la magistrate préférant parler de "l'autorité publique", comme pour marquer l'acceptation d'une mort prochaine. C'est d'ailleurs ce qu'elle avait confirmé en disant que "de toute façon, la Hadopi va disparaître".

Mireille Imbert-Quaretta a joué sa partition pour sauver la CPD et s'assurer de retrouver une fonction au CSA, où elle pourra poursuivre la politique répressive de lutte contre le piratage. C'est d'ailleurs à cette même MIQ qui la ministre Aurélie Filippetti vient de commander un rapport sur la lutte contre le piratage "industriel", dont les conclusions seront très certainement similaires au premier rapport sur le streaming et le téléchargement direct.

La magistrate n'a montré aucun égard pour les autres membres de l'Hadopi, et en particulier pour le collège présidé par une autre magistrate, Marie-Françoise Marais, laquelle est proche du secrétaire général Eric Walter, un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, qui n'est pas en grâce dans les rangs socialistes.

Trop, c'est trop. Quitte à mourir, autant le faire avec dignité et en révélant vraiment le fond de sa pensée. Ils n'ont de toute façon plus aucun soutien de l'industrie culturelle, qui attend le CSA avec impatience. Lorsqu'il n'y a plus rien à perdre, il y a tout à gagner.

Là encore, il faut lire le communiqué à la lumière du contexte. Alors que l'Hadopi s'exprime toujours en bloc, au nom de l'institution tout entière, le communiqué utilise cette fois-ci ces mots pour présenter l'initiative : "en accord avec la Présidente de l’Hadopi, le Secrétaire général a présenté au Collège les orientations de cette analyse". Il fallait jeter un pavé dans la mare et faire passer Mireille Imbert-Quaretta pour une réactionnaire répressive incapable de proposer une vision d'avenir, et c'est ce qu'Eric Walter et Marie-Françoise Marais ont fait.

La proposition, dont on verra bientôt si elle est aussi révolutionnaire qu'elle le paraît, n'en est pas pour autant insincère. Même s'il y voit des mérites, Eric Walter est réellement convaincu que la riposte graduée n'a pas d'avenir, et doute qu'une lutte répressive contre le piratage puisse être une solution efficace pour mieux rémunérer les ayants droit (pour comprendre pourquoi, lire notre article sur "pourquoi la mission Lescure va se planter").

Reste à comprendre pourquoi, il y a quelques semaines encore, Marie-Françoise Marais semblait se réjouir de l'automatisation des amendes du CSA post-Hadopi. Le billard à trois bandes est parfois un sport difficile à lire...


Publié par Guillaume Champeau,
le 28 Juin 2013 à 12h23

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 14:36

(Source : Numerama)

Selon une plainte très documentée déposée aux Etats-Unis, Warner Music aurait exigé depuis des années des millions de dollars de droits d'auteur pour la chanson Happy Birthday To You, sans en avoir les droits.

http://www.numerama.com/media/attach/5045502202_1d867c8a41_z.jpgEn février dernier, nous rapportions que la chanson "Happy Birthday To You" que l'on chante tous depuis plusieurs générations était toujours protégée par des droits d'auteur reversés à Warner Chappell, alors qu'elle date de 1893. La maison de disques prétend avoir acquis les droits exclusifs sur la mélodie jusqu'en 2030, ce qui avait poussé une radio américaine à organiser un concours pour créer un Happy Birthday libre de droits.

Chaque année, Warner engrange des millions de dollars de droits d'auteur, grâce à cette chanson qu'auraient écrit il y a 120 ans les soeurs Patty et Mildred Hill (en fait, elles auraient copié la mélodie d'une autre chanson). Ce serait même, selon Techdirt, la chanson qui rapporte le plus de droits chaque année.

Mais Warner pourrait avoir réclamé ces droits en toute illégalité. C'est en tout cas la thèse défendue il y a trois ans par l'universitaire Robert Brauneis, qui a remonté tout l'historique de la chanson et de ses transferts de droits, et découvert que le propriétaire des droits n'avait pas dûment renouvelé le copyright en 1962, à une époque où le droit américain l'exigeait.

D'ordinaire, lorsqu'un ayant droit prétend abusivement détenir des droits qu'il n'a pas, le détenteur légitime porte plainte pour être reconnu comme le vrai titulaire, et toucher les droits qui lui sont dus. Mais porter plainte uniquement pour faire reconnaître qu'une chanson est dans le domaine public, et qu'elle n'a donc plus à rapporter de droits d'auteur à quiconque, est une dépense irrationnelle sur le plan économique. C'est pourquoi Warner n'a jamais été inquiété, et qu'aucun tribunal n'a jamais ni confirmé, ni infirmé le bienfondé des prétentions de la maison de disques.

Jusqu'à aujourd'hui. En effet, le producteur d'un documentaire sur l'histoire de la chanson Happy Birthday, Good Morning to You Productions, a décidé de poursuivre Warner/Chappel Music en justice, pour les obliger à restituer les sommes que le label aurait perçues indûment. "Des preuves documentées irréfutables, dont certaines datent de 1893, montrent que le copyright de Happy Birthday To You, si tant est qu'il y ait eu un jour un copyright valide sur une partie quelconque de la chanson, a expiré pas plus tard qu'en 1921", affirme le producteur dans sa plainte. 

"Si Warner/Chappel détient des droits quelconques sur Happy Birthday To You, ces droits sont limités au droit extrêmement restreint de reproduire et distribuer les arrangements piano spécifiques pour la chanson éditée en 1935", précise le document, très riche de détails sur les enregistrements successifs du copyright des différentes versions de Happy Birthday, et les acquisitions de droits.

Notez que la situation est différente pour la version française de la chanson, qui ne semble avoir été traduite qu'en 1951, et qui est donc certainement toujours couverte par des droits d'auteur.

(illustration : CC Will Clayton)

 


 

 

Publié par Guillaume Champeau,
le 14 Juin 2013 à 15h35

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 23:25

C'est quant même extraordinaire l'amateurisme de cette entreprise basée au Luxembourg, je parle bien entendu de Jamendo S.A.

Le 5 juin dernier, sur la page officielle facebook de Jamendo on pouvait découvrir une étrange publicité au slogan plus que douteux : "La Musique c'est ma drogue, Jamendo est mon dealer". Suis-je vraiment obligé d'expliquer en quoi le message est dégradant et déplacé ?

C'est d'une maladresse incompréhensible ! Mais y-a-t-il quelqu'un qui dirige le navire Jamendo ? Ici on traite avec légèreté des sujets aussi lourds que la drogue et son commerce, tout en diffusant un message assez floue. En effet, Jamendo donne-t-il à penser que la musique peut provoquer des formes de dépendance ? Si oui, est-ce moralement acceptable que de se positionner comme "dealer" ?

Oui je grossis le trait. Mais même en étant plus "souple", que veut dire Jamendo, quel est le message ? Par définition un dealer désigne un vendeur de produits illicites dont le business repose sur une structure pyramidale. Que dois-je en conclure ? lol. Et réduire la musique à un produit stupéfiant...

Au final ça traduit surtout la vision très consummériste que Jamendo a de la musique en générale et surtout de la Musique Libre. Tout simplement déplorable !

 

NB: des commentaires négatifs ont été éffacés par Jamendo et des comptes interdits de commentaires. J'ai sollicité facebook à ce sujet, mais je n'ai pour le moment reçu aucune réponse.

http://nsm08.casimages.com/img/2013/06/11//13061111484113239311284641.jpg


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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 10:43

http://www.moneyblog.fr/wp-content/uploads/2007/08/enfant-argent.jpgLa rémunération... un mot qui causent souvent des oppositions d'idées et de point de vue parmi les auteurs diffusant sous licences libres. Internet étant l'un des outils principaux de distribution de la zik des libristes, amateurs ou professionnels, on est nécessairement tenté à un moment ou à un autre de se tourner vers des services de rémunérations (JamendoPRO, BeMySound, Bandcamp, etc.). Mais est-ce la seule solution ? D'autant que d'une certaine manière ces services web sont opposés aux fondements de la Musique Libre, car pour rappel l'un des grands principes est la suppression des intermédiaires, ce que sont forcéments ces sites de services de rémunérations. Après, certains d'entres-vous se demandent forcément si c'est possible de négocier en direct avec des clients potentiels pour se rémunérer, si c'est compliqué, si c'est plus ou alors moins avantageux, etc. Pour se faire, j'ai interviewé des auteurs sur ce sujet...

 

1) Depuis combien de temps diffusez-vous votre musique sur le web ? 

Realaze Notso-Klin : Depuis 2004/2005.


Hu Creix : ça fait 4 ans.


Philippe Mangold : Depuis 6 ans.


2) Pourquoi avoir fait le choix d’une diffusion sous licence libre ?
Realaze Notso-Klin : Parce que pour moi, faire écouter mes musiques à un public est très important, l'accès aux maisons de disques et labels m'a paru quelque chose de très compliqué à l'époque, et surtout me faisait l'effet d'une bride sur le cou, j'ai du mal à saisir comment un artiste peut s'exprimer pleinement et évoluer sereinement lorsque quelqu'un passe son temps à lui dire ce qu'il doit faire. J'ai donc choisi de diffuser ma musique sous licences libres parce que c'est un outil qui, selon moi, libère à la fois le musicien, qui sait alors où il en est, et ses fans et diffuseurs, qui ne risquent dès lors pas d'être inquiétés par les initiatives anti-piratage (même si je reconnais que sur ce dernier point, il reste à démontrer que des fans aient été inquiètés un jour au sujet d'une musique sous licence libre).
Et puis le côté contestataire des licences libres m'a pas mal inspiré également, je l'avoue.


Hu Creix : Je n'ai pas choisi. Protéger sa zic est ultra compliqué.
Avant ça j'avais pas l'internet ... j'savais rien ... Les creatives commons sont arrivées par cause à effet .
En déposant ma zic sur un site de diffusion fallait cocher NC ND ou autres options. Alors comme j'en avais ras l'bol de garder mes travaux dans mes disques durs... ça c'est fait comme ça mais je le referais pas.
Le public n'a aucune prise de conscience de sa responsablilité et ne se rend même pas compte que la gratuité est un moyen de le protéger contre les lois restrictives qui combattent le piratage .
Le robinet du tout gratuit est devenu complètement banalisé et n'apporte absolument aucune opportunité d'intégration à des projets X ou Y inhérents aux arts multimedias comme je l'ai esperé il y a 4 années en débarquant, candide, sur le net. Du fait je suis contre la gratuité.
Le respect des licences par les créatifs est plus que rare et la profusion de plagiats et autres utilisations de produits assujettis à des droits d'auteurs affiliés à des sociétés de collecte de droits rassemble 80% des parutions sur le web ornées du merveilleux obsolète logo CC.
Du fait les créations originales légitimement diffusées sous creative commons sont assimilées à la décharge publique que représente aux yeux du métier les "arts libres".


Philippe Mangold : j'ai choisi les licences libres pour une question d'éthique et aussi parce que en tant que créateur je souhaite être le seul à décider de ce que je veux faire de mes productions.


3) En faites-vous une activité professionnelle ? Si oui, vivez-vous de votre musique ? Si non, pourquoi la rémunération de vos oeuvres est importante pour vous ?
Realaze Notso-Klin : Je gagne très peu d'argent grâce à ma musique, la majorité via mes activités de Dj, pendant une époque 2/3 sous via Jamendo, et quelques revenus provenant d'une société de production audio-visuelle.


Hu Creix : Je n'ai pas d'autre activité professionnelle. Ma vie est entièrement axée autour de la musique. Je travaille mes instruments quotidiennement.
L'intégralité de mes revenus passe dans le matériel pour accéder à des moyens d'autoproduction acceptables. Aprés avoir passé plus d'une décennie comme musicien de rue et ayant gagné mon pain par ce metier, il me semble tout naturel, ne sachant faire que ça, de conserver mon statut de professionnel.
La rémunération d'un travail est une question qui ne se pose pas si on est bien l'auteur du produit. Du fait, la vente est une suite logique puisque c'est un metier.
Est-ce que le boulanger qui se lève à 3 heures du matin donne son pain ?


Philippe Mangold : Je ne vis pas de ma musique.
Le fait d'être rémunéré est tout à fait évident dans la mesure où nous évoluons dans une société qui fonctionne sur les échanges commerciaux et dont l'étalon principal de référence est l’argent. De plus, je fournis un travail dans lequel j'y mets toute mon exigence et mon énergie , ainsi qu'un investissement financier assez conséquent pour oeuvrer sur du matériel de musique qui n'est pas du bas de gamme et qui me permets donc de livrer un travail de très bonne qualité.


4) Avez-vous déjà utilisé un service de monétisation de votre musique sur le web ? (ex : JamendoPRO, Restorm, Bandcamp, etc.) Si oui, le(les)quel(s) et quelle analyse personnelle, en tant qu’auteur, faites-vous de ce(s) service(s) ?

Realaze Notso-Klin : J'ai diffusé sous contrat Pro sur Jamendo pendant quelques années, j'y ai publié trois albums, qui, malgré un bon succès d'estime sur le web, ont peu marché sur cette plate-forme, et m'ont rapporté très peu d'argent (quelque chose comme 400/500€ en 8 ans, risible). J'ai cessé de travailler avec eux, car j'en ai eu assez d'être un artiste low-cost, que l'aspect communautaire (je rappelle que mon but, c'est le public, pas l'argent) a été saccagé par la direction, et que la visibilité est quasi-nulle désormais, sauf pour quelques artistes régulièrement jetés en page d'accueil. Je teste actuellement Bandcamp, et j'ai décidé après mûre réflexion que mon prochain album sortira dans un premier temps exclusivement sur cette plate-forme, toujours sous licence libre, mais payant. Je pense publier cet album quelques mois plus tard de manière totalement gratuite sur Dogmazic.


Hu Creix : Pour les services de monnétisation il y a plusieurs cas de figure. Je vais commencer par donner mon avis sur les services de licensing royalty free.
Sur ces plateformes destinées au rapprochement des professionnels et des artistes qui s'intègrent à un catalogue de produits mis à la vente moyennant une commission prélevée par ladite plateforme,le problème n'est pas tant la petitesse des positions tarifaires des plateformes ou même les commissions prélevées par les plateformes en question ; le problème majeur vient des créatifs et de la responsabilité des plateformes quant à la diffusion de plagiats mis en vente illégalement au regard du droit d'auteur.
Quand une plateforme propose au licensing royalty free une composition soumise à la propriété intellectuelle, ce sont les creations originales légitimement  diffusées sous Creatice common qui en patissent. La responsabilité de la plateforme qui va accepter dans son catalogue un titre grossièrement copié partage à mon sens la culpabilité et les discréditations des licences de libre diffusion.
Un autre cas de figure existe aussi qui est devenu quasi systématique. Un type X utilise des samples packs, les samples que contiennent ces packs ont été déposés et des sociétés de collecte de droit se partage le gâteau de toute utilisation du produit du travail de l'artiste qui a créé les samples,le type X qui va mettre en vente en royalties free des travaux contenant des extraits de ces samples est dans l'illégalité. Du fait la plateforme elle aussi l'est ainsi que, cerise sur le gâteau,le client qui innocemment a acheté la license pour utilisation commerciale d'un travail inadapté au "licensing royalty free".
Pour ce qui est des plateformes de vente aux particuliers ça me semble être tout à fait compatible avec la propriété intellectuelle légitime.
On en revient bien sûr à la légitimité de la diffusion par l'auteur dans le cadre du libre partage. Combien de reprises sont diffusées sous Creative common alors que les sacem et autre sabam n'ont jamais accordé quelque dérogation que ce soit aux artistes incriminés. Subsiste aussi un souci lié au contrôle impossible par les plateformes de vente aux particuliers quant à la traçabilité de la provenance du produit mis en ligne par X ou Y.
Combien de compilations contenant nombre de produits sont mises en vente à l'insu du créatif original?


Philippe Mangold : Bien qu'ayant commencé à diffuser mes créations sur Jamendo, j'ai toujours refusé d'adhérer à leur programme JamendoPRO . J'ai bénéficié de rémunérations dans les débuts par les dons et leur premier programme de rémunération qui était les prémices du futur JamendoPRO . Je suis aussi sur Restorm et Bandcamp mais je ne m'intéresse pas trop aux programmes de rémunérations.
En tant qu'auteur et créateur, je trouve que les systèmes de rémunérations sont de pures arnaques qui ne servent qu'à générer de l'argent pour ce genre de sites, au détriment des artistes. En fait, j'utilise ces plateformes uniquement pour pouvoir avoir un peu de visibilité et avoir un point de chute pour les personnes qui s'intéressent à mon travail.


5) L’un des principes de la Musique Libre est le renoncement aux intermédiaires, que ce soit entre auditeurs et auteurs, ou entre clients et auteurs. De ce fait, beaucoup font le choix de négocier « en direct » des contrats commerciaux liés à l’utilisation de leur musique. Avez-vous déjà négocié ce genre de contrats commerciaux ? Et pouvez-vous nous en dire plus ?

Realaze Notso-Klin : Je suis souvent (enfin, beaucoup moins depuis l'avénement de Facebook) sollicité a fins d'autorisation pour des documentaires, courts métrages, par des boîtes "qui débutent", j'ai envie de dire aux musiciens qui débutent de ne pas tomber dans ce panneau, tout contact pro doit mener à une rémunération, car votre partenaire, lui, se fera payer sans sourciller, donc si on vous demande l'autorisation, demandez la thune, pas de mauvaise conscience ou de scrupules, c'est normal, et votre interlocuteur le sait.
Quand aux projets rémunérés, c'est la boîte de prod qui m'a contacté directement afin d'utiliser des musiques existantes et d'en composer éventuellement d'autres au besoin, ce que j'ai fait. Il me semble que cet accord m'a plus rapporté (de l'ordre de 50€ la minute, sans contrat d'exclusivité ni de cession), avec un seul interlocuteur en quelques mois, qu'avec Jamendo en 8 années. Je trouve pour ma part que c'est une activité très intéressante du point de vue rémunération, bien plus que les (trop rares) dons des internautes, ou qu'un contrat "pro" avec un quelconque site de musique low cost. C'est aussi une très bonne motivation d'un point de vue artistique pour un musicien, à la condition que le partenaire joue le jeu du libre.


Hu Creix : Lorsque j'ai vendu à des professionnels sans passer par aucun intermédiaire. J'ai delivré un pack à durée d'utilisation non quantifié. Le prix a été fixé sur la base d'un pourcentage du budget global du projet, le pourcentage a été negocié avec le client par mes soins.
La facturation est apparue sous la forme d'une note d'honoraire ne comprenant pas de charges sociales du fait de l'absence de statut commercial type société me concernant. J'ai aussi livré des jingles pour des radios, des web TV ou autres sites et films intra-entreprise sous-traités par des maisons de production.
Des barêmes existent à la disposition des artistes pour vendre à des tarifs acceptables. Ces baremes sont relayés sur le web par de nombreux sites et des forums comme ceux de Audiofanzine débattent en long en large et en travers de ce sujet. http://fr.audiofanzine.com/autoproduction-business/forums/
J'ajouterai que pour plus de souplesse à l'utilisation du produit livré j'ai cédé tous les droits. C'est un choix difficile et traumatisant mais je ne pouvais pas demander à la maison de production de faire défiler un bandeau me mentionnant sous les jingles d'une société quelle qu'elle soit alors qu'eux-mêmes n'étaient mentionnés nulle part.
Donc voilà en gros ce qu'il résulte de cette expérience sans intermédiaire. Les licences creative common obligent la mention de l'auteur mais dans les faits c'est incompatible avec une utilisation commerciale non "artistique"
A la question comment ils ont découvert mon travail, tout est lié à un réseau de connaissance et d'influence. C'est une multiplication des activités qui permet de vivre de son travail. Ca passe par la multiplication des intégrations à des catalogues, la promotion assidue des créations, la laborieuse communication auprés du public, les éventuels évènements scéniques ou autres représentations dans les medias "indépendants", et l'incessante progression du niveau qualité des produits et des moyens de production des ouvrages.


Philippe Mangold : Je vais parler de mon expérience avec la Monnaie de Paris, avec qui j'ai travaillé en tant que sound-designer.
Il faut savoir que je travaille dans cette institution en tant que technicien de maintenance  et qu'avant de pouvoir négocier un contrat, j'avais produit gracieusement pour eux durant 2 ans un travail de créations qui allaient de la musique de clips institutionnels à de l'illustration de diaporama, sans oublier la réalisation de paysages sonores pour la nuit des musées et les Nuits Blanches. C'est fort de cette expérience que j'ai pu obtenir un contrat commercial avec la Monnaie de Paris ; c'est donc ainsi qu'ils ont pu apprécier mes créations et ma façon de travailler.
Ce n'est pas si difficile d'estimer la valeur marchande de son travail lorsque l'on connaît plus ou moins les tarifs et surtout lorsque l'on ne dépend pas de ça pour vivre, ce qui est mon cas. Le plus difficile c'est de croire en soi, en son potentiel créatif, et là c'est un travail qui se fait sur le temps en accumulant de l'expérience et de la maturité.


6) Souvent les services de monétisation par internet ne donnent lieu qu’à des rémunérations faibles. Sur une année, voyez-vous un avantage financier à être son propre agent, ou alors l’écart avec les sites de monétisation est-il minime ?

Realaze Notso-Klin : Pour être son propre agent, il faut en avoir le temps. Lorsqu'on est musicien indépendant, on est souvent obligé de travailler dans un autre secteur (c'est mon cas) pour subvenir à ses besoins, donc parfois on a pas le temps de solliciter les gens, de répondre à leur mail, parfois on est trop fatigué pour composer la musique qu'on a promis pour le lendemain. Et pourtant, selon moi, il faut faire cet effort, du moins si l'on souhaite être maître de la chaîne de commercialisation. Trop d'intermédiaires, ce n'est pas bon, un intermédiaire malhonnête encore moins. A moins d'avoir des moyens importants, il est rare de trouver des personnes qui s'investiront afin de promouvoir votre talent à votre place, sauf si elles sentent l'opportunité de gagner plus que vous. Donc méfiance, dans un premier temps, assurez votre propre promotion, négociez vous-même avec vos interlocuteurs, c'est le seul moyen de gagner un minimum d'argent. En bref, pas d'argent sans efforts.


Philippe Mangold :  L'avantage à être son propre agent est indéniable car il n'y a aucun intermédiaire, mais il est très intéressant aussi de pouvoir travailler avec un agent qui peut être un ami très proche, quelqu'un de confiance.

7) Sans vouloir trop entrer dans les détails, ces contrats seuls vous permettent-ils de vivre de votre musique, ou doivent-il être compléter par d’autres sources de revenus, comme les concerts ou les spectacles par exemple ? Si non, que vous apportent-ils ?

Realaze Notso-Klin : Ces contrats sont intéressants en appoint, car ils demandent peu d'investissement personnel et créatif, une bonne idée bien enrobée suffit parfois largement (sans tomber forcément dans la soupe publicitaire) et ça représente souvent un ratio gain/investissement imbattable. Celà dit, à moins de devenir célèbre, ce sera toujours moins qu'une heure de travail à l'usine, et ils sont souvent trop espacés dans le temps pour devenir une source de revenus fiable. Les concerts (ou mixes dans mon cas) sont encore plus intéressants, car par d'intermédiaires, et un très bon ratio horaire (comptez dans les 200/300€ pour une soirée pour un Dj débutant, mais compétent, à savoir qu'une soirée dure environ de 10/11h à 2/5h) et en plus il y a moyen de se faire vraiment plaisir au contact du public. Mais là aussi ça demande un gros investissment personnel afin d'obtenir les bons contacts, de décrocher des soirées, etc, et on peut également tomber sur bon nombre de requins.


Philippe Mangold :  Je ne vis pas de la musique donc je n'ai aucune pression à ce niveau là. En revanche, en parallèle à mes activités créatrices, je joue aussi dans un groupe de reprises qui tourne régulièrement en région parisienne. Cette dernière activité, en dehors du fun et du plaisir qu'elle me procure, me permets aussi d'avoir un complément de rémunération que je consacre à l'achat de matériel.

8) Recommanderiez-vous à d’autres auteurs, diffusant sous licence libre et recherchant des sources de rémunérations, de négocier eux-mêmes leurs contrats commerciaux ? Et pourquoi ?

Realaze Notso-Klin : J'ai répondu à cette question plus haut, oui, il est plus rentable (et convivial) de négocier ces contrats soi-même, à moins de tomber sur un agent compétent et honnête.


Hu Creix : Se rapprocher soi-même d'un panel de clientèle est un travail en soit. Etre productif, créatif, commercial et faire aussi l'administratif, le relationnel, la négociation. C'est avoir trois têtes, dix bras et des journées de 72 heures.
Mais certains y arrivent.


Philippe Mangold : Je ne peux que vivement conseiller aux auteurs de négocier eux-mêmes leurs contrats commerciaux. Comme je l'ai dit plus haut il n'y a pas d’intermédiaire, mais aussi, lors de la discussion il me parait plus judicieux que ce soit le créateur lui-même qui puisse expliquer sa façon de travailler , sa démarche artistique, le comment il envisage de mettre en valeur telle ou telle chose , etc.


9) Faut-il selon vous se méfier des services de monétisation sur internet ? Sont-ils compatibles avec la négociation directe de contrats ? Ou sont-ils une source de revenus complémentaires acceptables ?

Realaze Notso-Klin : Je pense qu'il faut se méfier des services qui se proposent de faire le lien entre l'artistes et les pros surtout, ou alors il faut accepter de devenir un produit sur un rayonnage obscur. De même les revenus générés par ces services ne sont pas corrects, car le prix de la matière première (la musique donc) est continuellement rogné et amputé, de la même manière que dans la grande distribution avec les producteurs et fournisseurs, et pourtant on ne fait pas de la musique pour qu'elle soit vendue comme des savonnettes, on fait de la musique parce qu'on y croit, et parce qu'on aime ce qu'on fait, certains (pas tous j'imagine) de ces services profitent de la naïveté et de l'humilité d'artistes souvent trop jeunes et inexpérimentés, et se comportent comme des proxénètes de la diffusion musicale, ceci n'est pas acceptable. Donc oui, une méfiance certaine est de rigueur.
A côté de ça, il est toujours possible de négocier en direct avec des partenaires commerciaux, mais accrochez-vous parce qu'il sera certainement plus intéressant pour eux d'aller bénéficier de prix cassés sur vos mêmes morceaux directement sur le site où vous avez eu le malheur de diffuser votre musique. Votre principal concurrent sera donc vous-même, et vous serez perdant des deux côtés.


Hu Creix : On peut tout faire dans le respect de l'autre.
L'économie liée aux produits Royaty free est une chaîne qui est solide si on n'exclut aucun des maillons qui la composent. Comme dans tout réseau commercial voler la clientèle d'une entreprise est puni par la loi.
Passer au dessus d'une plateforme de licensing c'est lui voler le travail de recherche de clientèle qui légitimise son pourcentage.
Alors, lorsqu'une plateforme lance un appel d'offre à création et qu'on a la chance de faire partie du catalogue proposé il serait malhonnête de contacter le client pour sucrer la commission de la plateforme. Si par contre on a la chance d'avoir un client spontanément demandeur il serait masochiste de le faire passer par une plateforme.
L'intérêt des plateformes est financier. Pour ce faire elles doivent fidéliser la clientèle. Du fait éviter tous conflits entre les parties. Il n'y a à mon sens pas de meilleur garant de confiance mutuelle quant aux collaborations mises en place dans l'intérêt de tous.


Philippe Mangold : Je pense qu'il faut effectivement se méfier de ce type de rémunération sur internet , même si comme on dit ça met "du beurre dans les épinards" . Ce système ne me semble pas adapté à la négociation de contrats pour les raisons évoquées plus haut . Sans être trop méchant avec les différents sites qui proposent une rémunération aux artistes , je dirais qu'en fait ils se moquent bien des artistes dans la mesure où leur seule préoccupation est de générer de l'argent pour leur entreprise .


10) Qu’avez-vous envie d’ajouter sur cette thématique ?
Realaze Notso-Klin : A quand une médiathèque numérique nationale qui permettrait une diffusion des artistes Français sur le net sans passer par des maisons de disque ? Sinon rien d'autre.


Hu Creix : Ce qui manque c'est des directeurs artistiques possédant le bagage pour connaître la musique et les produits légitimement édités sous Royalty free.
En ayant une meilleure culture générale, les plagiats et autres produits ne respectant pas la propriété intellectuelle, qui font de l'ombre a la création originale, seraient filtrés avant d'accéder à la clientèle. Ce n'est à mon sens pas les plateformes dont il faut se méfier dans l'absolu mais plus de leur ignorance et incompétence dans le métier d'éditeur.
Si par exemple, à la période des fêtes les produits proposés sont toujours et encore petit papa noël (ayant droits toujours en vie), alors les créations originales restent au placard. On demande des musiques de noël vendables en Licensing royaty free et là ce sont des produits sous droits d'auteurs qui rafflent la mise. On a donc une floppée de petits saliguots qui vous bouffent dans l'assiette.
J'aimerais aussi ajouter que les DJ devraient commencer à écrire dûment la tracklist des mixouilles qu'ils diffusent qui ne sont et ne peuvent pas être une promotion pour les créateurs des produits qu'ils utilisent. Que ces mêmes DJ s'en tapent comme des robes de ma grand-mère ..
Et que ceci ajouté à cela ne change pas les mentalités quant au statut insupportable que subissent les musiciens.
En gros on n'est rien et ça risque pas de changer de sitôt.


Philippe Mangold : Je précise que j'ai répondu à ce questionnaire en me situant en tant que pur créateur.
Je propose un travail de création "sur mesure", avec une vision objective et une couleur spécifique sur tout type de projet nécessitant de la musique, du son ou du bruitage.
Pour une personne qui ne se considère pas spécialement comme un pur créateur et qui n'a pas forcément une exigence ou une vision particulière sur ce qu'il fait, ce type de rémunération peut effectivement convenir.

 

Je remercie particulièrement REALAZE NOTSO-KLIN, HU CREIX et PHILIPPE MANGOLD pour cette interview, un exercice jamais très évident par emails interposés. J'espère que ça répondra à certaines de vos interrogations sur ce sujet.

Je précise que c'est moi qui ait surligné certains passages (c'est important de le dire).

D'autres auteurs et musiciens s'étaient proposés, mais l'article était déjà bien entamé. Néanmoins cet espace vous est dédié, donc dans les commentaires n'hésitez pas à partager votre propore expérience.

 

NB: j'ajoute un lien vers l'exellent et très complet article de Framazik sur ce même sujet : "Assurez une juste rémunération aux artistes"

Je mets aussi ce lien du site artiste-interprète.info regroupant des articles intéressants.

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Published by ChefGeorges - dans Chroniques diverses
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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 21:24

Jamendo---Djbouly---Mozilla-Firefox_2013-03-09_21-26-44.pngJe l'ai déjà mentionné dans certains de mes articles mais j'ai décidé d'en écrire un qui revient sur cette véritable supercherie orchestrée par Jamendo pour défendre son fonds de commerce.

Lorsque vous téléchargez un album sur www.jamendo.com le bouton "Télécharger" a en sous-titre : "C'est gratuit et légal pour un usage privé"

Que doit-on comprendre par usage privé ? fondamentalement l'usage privé s'oppose à l'usage public. Pour bien comprendre prennons l'exemple du principe de la copie privée qui est en fait une exception au droit d'auteur, en vigueur notamment dans Union Européenne (détail intéressant : sauf au Luxembourg). Le cadre de la copie privée est celui de la famille et depuis peu des "amis proches" (cas de jurisprudences en France). Ce principe est bien connu de tout le monde, notamment pour les films. Ainsi, "l'usage privé" est un usage qui par définition restraint l'utilisation d'une oeuvre, ici musicale, à un cadre familial ou cercle d'amis proches. Notez également que Jamendo associe en plus cet "usage privé" à une utilisation non-commerciale des oeuvres.

A présent que l'on sait de quoi on parle, Jamendo a-t-il le droit d'utiliser ce principe d'usage privé et est-ce compatible avec les licences libres Creatives Commons ? Rappelons déjà ce que sont les licences libres CC. Déjà soyons très clair : Creative Commons est un complément au droit d’auteur. Les CC qui s’adressent aux auteurs souhaitant :

- partager et faciliter l’utilisation de leur création par d’autres
- autoriser gratuitement la reproduction et la diffusion (sous certaines conditions)
- accorder plus de droits aux utilisateurs en complétant le droit d’auteur qui s’applique par défaut
- faire évoluer une oeuvre et enrichir le patrimoine commun (les biens communs ou Commons).
- économiser les coûts de transaction.
- légaliser le peer to peer de leurs œuvres.

(Source : www.creativecommons.fr)

Si vous avez bien compris cela, vous avez aussi compris qu'une licence CC (ou autre licence libre) ne remplace pas le droit d'auteur et ne permet donc pas de "protéger" les auteurs. Les CC ont deux objectifs : 1) permettre une diffusion sans entrave de la musique, comme souhaité par un auteur, et 2) protéger là les auditeurs/téléchargeurs/partageurs de ces auteurs (contre par exemple des outils répressif comme Hadopi). Une licence CC a toujours une mention BY (Attribution) obligeant à citer le nom ou le pseudonyme de l'auteur. Elle offre également une autorisation non exclusive de reproduire, distribuer et communiquer l’oeuvre au public à titre gratuit.

Une licence CC comporte aussi 3 options :

  • NC (Pas d’Utilisation Commerciale, pour Non Commercial en anglais) signifie que le titulaire des droits se réserve les exploitations commerciales qui pourront être monétisées et négociées dans un contrat complémentaire. Sans l’option NC, le public pourra utiliser vos oeuvres à des fins commerciales sans demande d’autorisation préalable. La définition d’une utilisation commerciale dépend des cas et des secteurs.
  • ND (Pas de Modification, Non Derivative en anglais) signifie que le titulaire des droits ne souhaite pas que son oeuvre soit modifiée sans son autorisation.
  • SA (Partage à l’Identique, ShareAlike en anglais) implique que les utilisateurs qui modifient l’oeuvre distribuent la version modifiée selon la même licence.
    (Source : www.creativecommons.fr)

Déjà on comprend que la notion "d'usage privé" telle que définie plus haut n'existe pas pour les licences CC. En fait, elle existe seulement si un auteur décide de diffuser ses créations uniquement contre rémunération, là c'est le régime général du droit d'auteur qui s'applique, par exemple pour ceux inscrits à la Sacem. Et c'est bien normal, car un artiste qui fait le choix d'ajouter une licence CC le fait car il veut diffuser plus librement sa musique. Restreindre ensuite ces mêmes "droits étendus" par une notion "d'usage privé" n'aurait alors aucun sens.

Également, on comprend que la mention par Jamendo d'un "usage privé" ne peut pas non plus souffrir l'argument de la diffusion non-commerciale d'une oeuvre. Prenons un exemple : un auteur choisi la licence CC-BY-SA-ND. Dans ce cas, le public peut tout-à-fait utiliser son titre ou album publié sous cette licence à des fins commerciales sans demande d'autorisation préalable. Donc là encore, le principe d'un usage privé opposé à un usage commerciale ne peut pas s'appliquer, c'est impossible.

CCPlus---CC-Wiki---Mozilla-Firefox_2013-03-09_22-59-56.pngMais alors, pourquoi Jamendo a introduit cette notion "d'usage privé" ? Tout d'abord, il faut savoir que Jamendo vit à 95% de son activité de vente de licences CC+ (ou licensing). Avant de revenir sur ces CC+, notez que c'est par la plateforme pro.jamendo.com (JamendoPRO) que cela s'effectue. Donc un artiste qui s'enregistre chez Jamendo et uploade son album, choisira obligatoirement une licence CC qui s'appliquera pour le site www.jamendo.com. Mais il peut s'il le souhaite céder de manière non-exclusive la gestion de l'usage commerciale de son album. Sur le papier, JamendoPRO se contente de vendre son album à ses clients pour divers usages et reverse une partie de ces revenues à l'auteur. On comprend dès lors que Jamendo a tout intérêt à introduire une notion "d'usage privé" auprès aussi bien de ses clients que de ces auditeurs lambda. Sauf que, vous l'aurez compris, celle-ci est une pure invention de Jamendo et n'existe pas dans les licences CC.

Qu'est-ce que ces licences professionnelles CC+ ? Fondamentalement c'est très simple, tout comme une licence CC s'ajoute à vos droits d'auteur, une licence CC+ s'ajoute à votre licence CC et permet plus de permissions pour un usage commerciale et une monétisation de vos oeuvres (Source : wiki.creativecommons.org/CCPlus). Par exemple, un auteur distribue sur www.jamendo.com son oeuvre en CC-BY-NC. Il s'inscrit aux programmes JamendoPRO et signe un Contrat de distribution PRO (une licence CC+ en somme). Et bien désormais pour les clients utilisant le site pro.jamendo.com il devient possible de passer outre la restriction NC (non commercial) et même la clause BY (soit pour rappel l'obligation de citer le nom de l'auteur) n'est plus prise en compte. Le but est de permettre aux entreprises (avec l'aval des auteurs qui signent ce genre de contrats) de fournir un outil plus souple et permettant moins de contraintes pour vendre des licences. (Source : wiki.creativecommons.org/CCPlus)

Ce n'est pas l'aspect le plus glorieux des CC ni la meilleur idée de la Fondation Creative Commons. Mais ça existe, le tout est d'être bien au courant. Et là aussi le bas blesse pour Jamendo, qui a une communication très floue sur le sujet. Car vous comprenez bien que ces licences CC+ causent par la suite un problème aux artistes voulant sortir du système. Prenons là encore un exemple : un auteur diffuse un titre sous CC-BY-ND-SA-NC. Par JamendoPRO il ajoute en plus une licence CC+. Sur le site pro.jamendo.com, un client achète une licence CC+ de son single pour une durée de 2 ans. Mais au bout d'un an, quelqu'un repère son titre sur www.jamendo.com et décide de négocier en direct une utilisation commerciale contractuelle avec l'auteur (ce que permet la clause NC). Et bien le client JamendoPRO, détenteur de la licence CC+ est alors en droit d'interdire une telle utilisation, de par les droits très souples de sa CC+.

Pour conclure, il est clair que Jamendo donne là une image fausse et trompeuse des usages permis par les licences CC (et plus globalement de la Musique Libre) auprès de ses auditeurs. Communication déficiente et source de confusion que cautionne apparemment bon nombre d'artistes présent sur Jamendo. Ce qui est tout aussi condamnable.

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Published by ChefGeorges - dans Le livre noir de Jamendo
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